Jour Un
Nous sommes atteris aux petites heures du matin dans la ville d'Huaraz, surplombée par une infinité de montagnes au sommet blanc : la cordillère blanche du Perou.
Les villes touristique et les étrangers sont de plus en plus présents dans notre séjour au fur et à mesure que nous poursuivons notre chemin vers le sud. Je commence donc à m'accoutumer aux "¡Hey! Niña gringa!" (mon nouveau petit surnom d'amour) et au fait que les agences de tours et d'activité de plein air péruviennes nous prennent pour de parfaits imbéciles.
Ici l'air est plus frais (bonjour la tuque en alpaca :) ... et le foulard, et le veston, et ... un chance que Félix est là pour mettre un frein à mes achats), je me croirais en octobre montréalais!
Demain, je m'embarque pour la grande aventure! Trois jours de marche au sein de la cordillère blanche : camping en montagne, grandes montées et une Sophie essouflée sont au menu. Je vous en redonne des nouvelles entre deux randonnées!
Jour 2
On débute la marche, ponctuée de petites pauses (du au fait que le contenu de leurs sacs de voyage aurait rempli la valise d'une fourgonette). Après ce qui me semble n'être qu'une petite heure de marche, on s'arrête. "¡Burros! Vamos a encontrar burros" que le guide nous dit. Tannés de traîner l'équivalent du poids d'une vache sur leur dos, nos guides partent à la chasse à l'âne pour qu'il le fasse à leur place. Finalement, on s'arrête pas bien loin question d'installer notre campement.
Les six heures péruviennes s'auront avérées n'en être que deux et demie. Bon, on est pas très essouflés mais les paysage (et les étoiles!!!!) aura valu le coup.
Jour 3
Réveil à 7h, suite à une longue nuit (un peu froide pour les orteilles). Petit déjeuner. "Aujourd'hui, nous allons marcher cinq heures en montant" que le Guide nous dit. Départ : 9h.
Bordel, y'est 9h20 et je suis déja à bout de souffle. Et il faut que je monte jusqu'à 4800 mètres de haut?? C'est pas sérieux.
Chacun de nos pas nous gratifie d'une vue de plus en plus belle sur les glaciers. Après ce qui me semble être une marche de deux heures (et avec mon corps qui me menace de faire une crise cardiaque), nous arrivons à notre premier lagon, aux reflets bleutés et à la source montagneuse. Une vraie beauté. Le paysage est époustouflant, on a peine à en croire nos yeux. Peite pause. En croquant ma pomme, je me retourne et j'aperçoit la montée (en fait, une partie de la montée) qui m'attend. Un petit chemin qui zigzague le long d'une montagne haute comme ca se peut pas.Ça y est, je vais mourir dans les Andes. La montée qu'on vient d'effectuer est une colline, que dis-je, une butte comparer à ce qui m'attend. Je prend mon mal en peine et j'entreprend le chemin. Alors là! On ne sait pas ce que c'est que d'être essouflés quand on a pas grimpé les Andes (je pense aux pauvres petits ânes, qui sont maintenant deux, ui doivent porter tout notre matériel). Mon souffle est court et mon coeur bat la chamade accélérée. Mais bordel que le paysage est beau! Les montagnes, les ruisseaux, le ciel bleu... Je n'en crois toujours pas mes yeux, toute cette splendeur qui s'étend devant nous, à perte de vue. On fini par arriver dans une belle vallée, question de pic niquer (et de se reposer). Suite du programme: lagon numéro deux (qui bien sur se situe au haut d'une autre montagne, mais petite cette fois). Après un petit 20 minutes de marche, nous nous retrouvons devant un autre lac d'eau pure, entouré de glaciers. Je manque de mots pour décrire toutes les merveilles qui se sont offertes à moi aujourd'hui. Aprés un petit moment zen devant ce joli paysage, direction campement! Et là, du fin fond de ma vallée, j'aperçoit notre guide de 75 ans (qui avaient devancé le pas) et ses deux ânes, tout au loin, si minuscules, en train d'escalader une montagne qui semblent interminablement haute. "Par là bas" qu'il nous dit, notre guide. Mon dieu seigneur. Je n'ai jamais sentis mon corps tant au bord du désespoir. L'altitude a joué contre moi et chaque pas de plus me prend un effort démesuré. J'ai peine à respirer, j'ai l'impression que je vais succomber d'un moment à l'autre. Le Cotopaxi et la randonnée après le lagon de Quilotoa peuvent bien aller se cacher, ce n'était en aucun point comparabl. Quand on compte ses pas entre chaque petite pause pour s'encourager, quand les larmes vous montent aux yeux face au sommet (qui recule, je vous le jure!) et quand chacun de vos muscles tremblottent après le moindre effort, ça, ÇA c'est se surpasser, c'est dépasser ses limites. Alors que j'avais cesser d'y croire, mes efforts on fini par porter fruits. Nos tentes sont apparues, au sommet de cette montagne, bordées par un petit ruisseau. Arrivée : 16h30. Les cinq heures péruviennes se seront trasformé en sept heures et demie.
De ma tente, je vois les glaciers qui s'étendent en chaîne et la beauté de la nature qui semble intacte. Toue cette misére m'est donc oubliée : Je campe au sommet du monde et il neige tabarnak!
Jour 4
Réveil : 6h30, suite à une courte nuit ponctuée de réveil dus aux étourdissements, aux maux de ventre et aux bouffées de chaleur (ça y est, le mal de l'altitude, ou une insolation, ou les deux, m'auront attrapé). Petit déjeuner : rien ne veut entrer, tout veut sortir. Les guides me regardent en se demandant si je vais me rendre jusqu'au bout. "une heure de montée, deux heures de descente et 4 heures de terrain plat" que le guide nous dit. Je ne sais plus si je dois me rejouir ou voir peur. Départ, 8h30.
On entreprend donc la descente, qui doit sonner plus facile qu'elle ne l'est réellement. Chaque pas doit être amorcé avec précaution puisque le terrain n'est évidement pas asphalté. Mes étourdissement rendent la chose d'autant plus agréable. J'ai mal au ventre, la tête qui tourne et du mal à faire un seul pas. On finit par arriver sur le terrain plat. Le gazon (pas des roches!) est une vrai petite douceur pour mes orteils. N'ayant pas mangé depuis la veille, je n'ai vraiment mais vraiment plus d'énergie. Bref, le retour au bercail représente une vraie épreuve pour moi. Aprés quatre heures de marches, les glaciers finissent par rapetisser derriére nous, et le chemin prend fin.
Arrivée, 16h. Je ne sais pas si les prédictions péruviennes auront été justes, ayant perdu toute notion du temps mais bordel que ce fut accomplissant! Cette petite expédition de trois jours m'aura donné la chance de voir les plus beaux paysages qu'il m'ait été donné d'admirer, d'apprécier plus intensément l'instant présent et les merveilles de la nature et d'être forte comme jamais je ne l'aurais été!







